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Dr Philippe Renaudin, Chevalier de la Légion d’Honneur![]() DISCOURS DE L’AMBASSADEUR DE FRANCE
Monsieur le Ministre Ma femme et moi sommes très heureux de vous accueillir ce soir. D’autant plus que nous sommes réunis pour rendre un hommage mérité à notre ami le Dr Philippe Renaudin. Je connais votre discrétion, Docteur, je sais que vous allez souffrir, mais la tradition veut que, dans une circonstance comme celle-ci, je parle de vous et de toutes les choses utiles que vous avez réalisées. Vous êtes médecin-pédiatre, formé pas trop loin de votre Charente natale, à Tours et au CHR d’Orléans dont vous avez été interne de 1976 à 1983. Au cours de cette formation, déjà consacrée aux enfants, vous avez fait une première incursion au Sud de la Méditerranée en servant, comme Volontaire du Service national, à Tunis, à l’Hôpital Ernest-Conseil de Juin 1978 à septembre 1979. Nous aurions d’ailleurs dû nous y rencontrer mais à l’époque il y avait tant de VSN ! Cette expérience à Tunis a nourri un diplôme universitaire de médecine tropicale et a été le premier pas d’une carrière consacrée aux pays du Sud. Vous avez en effet quitté le CHR d’Orléans en 1985 pour être envoyé par la Ministère de la Coopération à Saint-Louis du Sénégal où vous avez dirigé le service de Pédiatrie de l’hôpital. Puis en 1991, vous êtes affecté à Moundou au Tchad, toujours comme chef du service de pédiatrie à l’hôpital local. Vous procédez, au cours de ce séjour, à de nombreuses observations scientifiques qui donneront lieu à plusieurs publications. En 1995, vous entamez un premier séjour à Nouakchott où, comme conseiller technique de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, vous concevez et mettez en place le projet « Maternité sans risque pour la Wilaya de Nouakchott » et, surtout, vous y jetez les bases de ce qui deviendra le programme « forfait obstétrical ». Retour en France, mais toujours sous les tropiques, à Saint-Laurent du Maroni où le service de pédiatrie et de neurologie, largement ouvert aux futures mamans du Surinam voisin, est l’une des très grandes maternités de France. C’est en retournant à Nouakchott pour ce deuxième séjour, comme Conseiller technique du Programme National de Santé de la Reproduction, que vous avez véritablement mis en place ce que l’on appelle le « forfait obstétrical ». Je rappelle que l’objectif de ce programme original et qui pourrait faire école dans la région est d’offrir aux futures mamans, pour un coût forfaitaire aujourd’hui de 6500 Ouguiyas, l’ensemble des examens paracliniques, y compris une échographie, les médicaments, les soins liés à d’éventuelles complications et les interventions chirurgicales en rapport avec la grossesse. Ce programme, Docteur, vous avez su l’étendre progressivement à l’intérieur du pays, à Nouadhibou, Kaedi, Aleg, Aïoun, Nema, Kiffa et Guérou, avec l’appui des autorités mauritaniennes, de partenaires tel que l’Espagne, la Principauté de Monaco et les agences des Nations Unies qui ont rejoint l’engagement de l’Agence française de développement. Aujourd’hui, ce programme est appliqué dans 13 départements et permet d’assister 36 % des naissances en Mauritanie. Vous n’avez ménagé aucun effort pour accompagner les équipes, améliorer la formation du personnel des centres de santé adhérents, affiner le mode de gestion et trouver les modalités de prise en charge des pathologies liées à l’accouchement. Les premiers résultats sont là. Les consultations prénatales ont augmenté de 87 %, les accouchements assistés de 58 % et surtout la mortalité maternelle, jusque là anormalement élevée en Mauritanie, a baissé de moitié depuis 2004. Ceci représente bien sûr de nombreuses vies humaines épargnées et montre qu’en poursuivant la généralisation du forfait, la Mauritanie sera en mesure d’atteindre cet objectif du développement avant 2015. Tout en poursuivant la coordination et l’extension de ce programme, vous travaillez à présent à la définition d’une politique de lutte contre la mortalité néonatale. L’Agence française de développement vous soutiendra dans cette extension de l’assistance médicale aux premiers jours de la vie de l’enfant. En mettant ainsi votre grande compétence à la disposition de la Mauritanie, en démontrant, mission après mission, votre capacité à innover vous avez amplement contribué au rayonnement de l’expertise médicale française. Surtout, vous avez su concevoir, appliquer avec détermination et étendre un projet qui correspond pleinement à l’idée que nous nous faisons du développement social et qui a un véritable impact sur la vie des femmes et des hommes. Cet engagement remarquable devait être distingué. Je me réjouis que le gouvernement français l’ait fait en vous nommant Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur./. |
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