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Présentation générale

1) Elements historiques

1042 : Fondation de l’Empire Almoravide par des tribus berbères

1400 : Le pays est envahi par des tribus arabes, probablement originaires du Yémen.

1727-1778 : Création des quatre émirats par les chefs de tribus bédouines.

1920-1932 : Occupation et pacification complète du territoire ; la Mauritanie, colonie française, est administrée depuis Saint Louis du Sénégal.

1946 : La Mauritanie devient territoire d’outre-mer.

28 novembre 1960 : Indépendance de la Mauritanie. Moktar Ould Daddah devient chef de l’Etat.

20 mai 1961 : Promulgation de la Constitution.

octobre 1961 : La Mauritanie devient membre de l’ONU.

1966 et 1971 : Moktar Ould Daddah est réelu à la Présidence de la République.

juin 1973 : Création de l’unité monétaire, l’ouguiya, et sortie de la zone franc.

décembre 1973 : La Mauritanie devient membre de la Ligue Arabe.

janvier 1976 : La Mauritanie annexe une partie du Sahara espagnol dans le cadre des accords de Madrid avec l’Espagne et le Maroc.

août 1976 : Moktar Ould Daddah est réelu à la Présidence de la République.

1975-1978 : Guerre contre le Polisario, mouvement nationaliste saharien partisan d’un Sahara occidental indépendant.

juillet 1978 : Renversement de Moktar Ould Daddah par les militaires. Trois colonels se succèderont à la tête de l’Etat entre 1978 et 1979.

août 1979 : La Mauritanie se retire du Sahara occidental pour y être remplacée par le Maroc.

4 janvier 1980 : Nomination du Président du Comité Militaire de Salut National ( CMSN, le colonel Haidalla.

12 décembre 1984 : Le colonel Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya renverse Haidalla.

décembre 1986 : Premières élections municipales.

1989-1990 : Troubles intercommunautaires et tensions avec le Sénégal aboutissant à l’exil de plusieurs dizaines de milliers de négro-mauritaniens au Sénégal.

4 avril 1991 : Discours du Président Ould Taya à la fin du Ramadan annonçant le début du processus de démocratisation du pays.

12 juillet 1991 : Adoption par referendum de la nouvelle Constitution.

24 janvier 1992 : Elections présidentielles. M. Ould Taya est élu au premier tour avec 62,65%.

mai 1992 : Rétablissement des relations diplomatiques avec le Sénégal ( rompues en 1989).

1992-1993 : Cycle d’élections : législatives, sénatoriales et municipales.

1996 : Renouvellement de la Chambre : l’opposition obtient une représentation symbolique.

1997 : Réélection du Président Ould Taya au premier tour avec 90% des voix.

janvier 1999 : Electiosn municipales. Le Parti Républicain Démocratique et Social ( PRDS), au pouvoir, remporte 191 communes sur 208.

octobre 2001 : Elections législatives et municipales. Le PRDS reste majoritaire.

mars 2002 : Prononcée en janvier, l’interdiction du parti d’opposition " Action pour le Changement", est confirmée par la Cour suprême.

8-9 juin 2003 : Tentative de coup d’Etat.

7 novembre 2003 : Maaouiya Ould Taya est réélu.

21 novembre 2004 : ouverture du procès des présumés putschistes (8, 9 juin 2003 et 9 août 2004)

3 août 2005 : Ould Taya est renversé par un « Conseil militaire pour la justice et la démocratie », présidé par le colonel Ely Ould Mohamed Vall. Mise en place d’une période de transition

25 juin 2006 : organisation d’un referendum constitutionnel

19 novembre et 3 décembre 2006 : organisation d’élections législatives et municipales

21 janvier et 4 février 2007 : organisation d’élections sénatoriales

11 et 25 mars 2007 : organisation d’élections présidentielles qui marquent la fin de la période de transition. Le candidat indépendant M. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi est élu Président.

19 avril 2007 : le nouveau Président élu prend officiellement ses fonctions.

6 août 2008 : le Président Ould Cheikh Abdellahi est renversé par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil de l’Etat, Chef d’Etat.

18 juillet 2009 : Elections présidentielles.
M. Mohamed ould Abdel Aziz est élu. Il a obtenu plus de 52 % des voix exprimées au premier tour des élections.

2) Statut politique

Nature du régime et gouvernement  :

La Constitution de 1991 a proclamé la Mauritanie "République islamique, arabe et africaine". Elle a institué un système où le président de la République, détenteur du pouvoir exécutif et élu au suffrage universel direct pour six ans, est assisté d’un Premier Ministre, ainsi que d’un Parlement bicaméral composé d’une Assemblée nationale (79 membres élus pour 5 ans au suffrage direct) et d’un Sénat (56 membres élus pour 6 ans au suffrage indirect). Le dispositif actuel comprend également un Conseil Constitutionnel et un Conseil économique et social. Le système légal se fonde à la fois sur la loi islamique (charia) et le droit moderne. Des ordonnances sur les partis politiques et la liberté de presse sont venues compléter le processus de démocratisation du pays. Le fonctionnement du système politique, et notamment électoral, était cependant critiqué par une partie de l’opposition qui boycottait systématiquement les consultations électorales depuis 1996.

Le pays a été dirigé par Maaouiya Ould Taya jusqu’au 3 août 2005. Le 3 août 2005, l’armée, au travers du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), prend le pouvoir pour officiellement « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Ce putsch eut lieu alors que le président était sur le chemin du retour de Riyad où il avait assisté la veille aux funérailles du roi Fahd d’Arabie saoudite. Après un court séjour au Niger et en Gambie,il se réfugia en définitive au Qatar où il obtint résidence permanente. Le 21 avril 2006, le chef de l’Etat mauritanien Ely Ould Mohamed Vall a autorisé l’ex-président Maaouiya Ould Taya, en exil au Qatar, à revenir dans son pays, lui interdisant toutefois de participer aux élections prévues dans le cadre d’une transition démocratique en cours jusqu’en 2007.

Le gouvernement militaire a en effet organisé des élections libres et démocratiques. Le referendum constitutionnel du 25 juin 2006, ainsi que les élections législatives et municipales des 19 novembre et 3 décembre 2006, tenues dans un climat de liberté et dans le calme, ont constitué un pas additionnel vers le bon achèvement de l’étape de transition. Après les scrutins sénatoriaux des 21 janvier et 4 février, l’élection présidentielle des 11 et 25 mars 2007 a clôturé le cycle électoral et a marqué le retour à l’ordre constitutionnel et à un régime démocratique en Mauritanie. Le Président élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a officiellement pris ses fonctions le 19 avril 2007, lors d’une cérémonie de passation des pouvoirs et en présence de nombreux chefs d’Etat et de personnalités politiques telles que Mme Michèle Alliot-Marie.

18 mois après le début de son mandat, le président Abdallahi a été renversé par des hauts responsables militaires, dont le chef d’état-major particulier du président, le Général Abdel Aziz, et le chef d’état-major des armées, le Général Ghazouani, tous deux déjà à l’origine du coup d’Etat qui avait renversé Maaouya Ould Taya en 2005.

Après plusieurs mois de crise politique, la junte au pouvoir et l’opposition, en partie regroupée dans un Front national de défense de la démocratie (FNDD), ont accepté d’engager des négociations sous l’égide du Sénégal. Ces discussions ont abouti à la signature le 4 juin 2009 à Nouakchott d’un accord intermauritanien (dit « accord de Dakar ») prévoyant notamment l’organisation d’élections présidentielles pluralistes.

Ce scrutin, observé par la communauté internationale (OIF et UA notamment) a consacré la victoire du candidat Abdel Aziz, élu dès le premier tour avec 52,47 % des voix, devançant Messaoud Ould Boulkheir (président de l’Assemblée nationale, principal candidat du FNDD), Ahmed Ould Daddah (président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), chef de l’opposition), et le Colonel Vall, qui avait dirigé la transition de 2005.

La priorité du nouveau gouvernement, dirigé par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, est de relancer le développement économique et social, après un an d’isolement diplomatique et de suspension de l’aide internationale. Les menaces terroristes qu’Al Qaida au Maghreb Islamique fait peser sur la Mauritanie mettent au même rang de préoccupation les questions de sécurité que le président Abdel Aziz regarde, de même que la réforme de la justice, comme des conditions du développement.

Le président Abdel Aziz s’est également engagé à régler la question du « passif humanitaire » (violences interethniques de 1989 et séquelles de l’esclavage). Accélérant, sous l’égide du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), le processus de rapatriement des négro-mauritaniens réfugiés au Sénégal, le gouvernement a également commencé à réintégrer dans l’administration des fonctionnaires négro-mauritaniens expulsés en 1989.

Les divisions administratives du pays  :

La Mauritanie est divisée en 13 wilayas (régions) avec à leur tête un gouverneur (Wali), 53 moughataas (départements) dirigés par un préfet (Hakem) et 208 communes dont les maires sont élus depuis 1986. La Wilaya est devenue circonscription déconcentrée de l’Etat et fonctionne exclusivement sur les ressources que celui-ci met à sa disposition.

3) Langues

L’arabe est la langue officielle du pays. L’arabe et le français sont utilisés dans les affaires. Les Maures parlent l’arabe hassaniya qui a intégré les dialectes berbères. Une minorité infime d’entre eux est berbérophone. Les Négro-Mauritaniens parlent le poular (Peulhs et Toucouleurs) le soninké, le wolof.

4) Religions

L’islam est la religion d’Etat. Les Mauritaniens sont musulmans dans leur quasi totalité. La liberté de culte est tolérée.

B - ELEMENTS GEOGRAPHIQUES

Décalage horaire (par rapport à Paris)

-  en été : 2 heures de moins.

-  en hiver : 1 heure de moins.

1) Situation

a- Présentation générale

La Mauritanie occupe une superficie de 1,03 million de km² (2 fois la France) sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Elle est bordée à l’ouest par l’océan Atlantique sur plus de 700 km, au sud par le Sénégal dont elle est séparée par le fleuve, au sud-est et à l’est par le Mali (sur 2237 km), au nord-est par l’Algérie (sur 463 km) et au nord-ouest par le Sahara Occidental (sur 1561 km). Les deux tiers du territoire mauritanien se trouvent dans le Sahara. Les seules terres fertiles et cultivées sont les plaines alluviales du fleuve Sénégal et les oasis. Le relief consiste en un ensemble de pénéplaines et de plateaux arides aux reliefs peu marqués et recouverts de sable, et de débris rocheux (regs). Au nord, on trouve un ensemble de hautes plaines dominées par quelques pointes rocheuses (sommet de la Kédia : 915 mètres). Au centre s’étendent des plateaux gréseux (Adrar, Tagant) aux corniches abruptes dominant au sud-est la cuvette du Hodh. A l’ouest, le littoral est formé d’un cordon dunaire de sables marins. La zone sud-est est, en grande partie, d’origine alluvionnaire. Pendant une vingtaine d’années la sécheresse a accentué la désertification du pays, principalement dans la zone saharienne. La zone sud est plus verdoyante, principalement la vallée du fleuve Sénégal à vocation agricole. L’est est occupé par des terres de pâturage.

b- Liaisons avec la France

La distance de Paris à Nouakchott est de 5000 km environ par voie aérienne. Air France assure trois liaisons hebdomadaires directes ; Air Mauritanie en assure deux dont une en partenariat avec la compagnie malienne Nas-Air ; Air Algérie, Royal Air Maroc et Tunis Air assurent des liaisons avec correspondance. Un vol direct dure 5h30.

Trajet par la route : Sur la frontière nord, il a été constaté un assouplissement des règles de circulation sur la route côtière, seul point d’accès au territoire mauritanien à partir du territoire sous contrôle marocain. Les projets d’accès par d’autres itinéraires doivent être totalement exclus en raison des difficultés liées à la question du Sahara occidental. Depuis le 1er janvier 2002, la circulation est libre entre la Mauritanie et le Sahara occidental dans les deux sens. Les formalités de passage se font de 8h à 18h. L’ouverture de la frontière n’a cependant pas fait l’objet d’une annonce officielle. La prudence absolue doit être de règle, en particulier dans la partie du "no man’s land" (de 10 km) séparant le Sahara occidental de la Mauritanie où les voyageurs sont laissés à eux-mêmes après le franchissement des postes de police et de douane situés de chaque côté de cette zone. Toute la zone frontière est minée et les mines se déplacent au gré des mouvements de sable. Le passage sans écart de la piste est impératif, si possible en convoi.

2) Population

On distingue différentes ethnies :

-  les populations de langue et culture maure, présentes dans l’ensemble du pays (70% de la population), divisés entre les Maures blancs "Beidanes", descendants des conquérants arabo-berbères et les Maures noirs "Harratines", descendants d’esclaves.

-  les négro-africains (30% de la population) qui sont par ordre d’importance, les Halpoulaars (Toucouleurs et Peulhs), les Soninkés (ou Sarakolés), les Wolofs, les Bambaras, agriculteurs et pasteurs qui vivent dans la région du fleuve Sénégal. Bien que moins nombreux que la population maure à l’heure actuelle, le groupe des négro-africains fait preuve d’un plus grand dynamisme démographique.

La sédentarisation des populations nomades est quasiment achevée. La persistance de la sécheresse et la désertification irréversible ont eu pour conséquence l’amplification de l’exode rural au profit de la capitale Nouakchott et des centres industriels (Nouadhibou, Zouérate). Plus de 45% de la population est âgée de moins de 15 ans.

3) Climat

Le climat est principalement désertique. Il est caractérisé par une grande sécheresse de l’air qui engendre une évaporation intense, par d’importants écarts de température diurne et nocturne et par des vents violents, parfois brûlants, souvent chargés de sable et de poussière. La région côtière est plus tempérée. La région du fleuve Sénégal jouit d’un climat beaucoup plus humide.

Trois saisons jalonnent l’année :

-  de novembre à avril : la saison "froide" compte des températures modérées le jour, fraîches ou froides la nuit. C’est la saison des vents de sable.

-  de mai à juillet : c’est la saison chaude et sèche aux températures élevées où l’harmattan, vent de nord-est brûlant, souffle souvent.

-  d’août à octobre : la saison humide est aussi appelée l’hivernage. Les pluies sont intermittentes et sous forme de gros orages (environ 100 mm à Nouakchott, 300 mm dans la vallée du fleuve). Les températures restent élevées (45°), le degré hygrométrique est à son maximum (50 à 70%).

Le climat est dans l’ensemble salubre puisque sec et chaud durant neuf mois de l’année. Durant l’hivernage, les fortes chaleurs humides rendent la saison éprouvante. La moyenne des températures dans la journée varie de 24° pendant la saison sèche (novembre/juillet) à 29° pendant l’hivernage (juillet/novembre). Après deux décennies de sécheresse, les précipitations annuelles qui avaient retrouvé, depuis quelques années, leurs valeurs d’il y a 20 ans, ont de nouveau présenté une réduction sensible ces deux dernières années.

4) Villes principales

a- Nouakchott

(700.000 habitants). Construite sur un plateau de dunes à 5 km du littoral atlantique, la capitale (depuis 1957) a été créée à partir d’un simple poste militaire à la jonction du pays maure nomade et des populations sédentarisées du fleuve Sénégal. Son port en eau profonde, implanté à proximité en 1989, est l’un des plus modernes du continent africain. Elle possède une université et une école nationale d’administration. L’aéroport se trouve à 4 km du centre-ville. Le port de pêche artisanal, les jardins potagers (oasis de plusieurs hectares au coeur de la ville) et le musée national sont les principaux lieux d’intérêt de Nouakchott. La plage, l’une des plus grandes au monde, est aussi l’une des plus dangereuses, même pour un nageur averti.

b- Nouadhibou

La capitale économique du pays (100.000 habitants) est située sur la côte à l’extrême nord du pays, à l’intérieur de la presqu’île du Cap Blanc, dans la baie du Lévrier. C’est un important port de pêche et minéralier qui comprend des usines de transformation du poisson (farines, huiles, conserves, congélation). A la limite du Sahara occidental et distante d’environ 520 km de Nouakchott, Nouadhibou est desservie par un aéroport

c-Autres villes

-  Kiffa : 45.000 habitants. Centre d’élevage et de commerce.

-  Kaedi et Rosso : 45.000 habitants. Villes agricoles de la vallée du fleuve Sénégal (riziculture principalement).

-  Zouérate : 35.000 habitants. Ville minière (fer).

Le développement de la Mauritanie reste contraint par l’étroitesse du marché, l’étendue du pays - qui rend plus coûteuse la réalisation des infrastructures économiques et sociales -, la désertification et la sécheresse qui affectent la production agricole et l’élevage, la totale dépendance extérieure aux besoins énergétiques, la faiblesse des ressources naturelles. En dépit de la croissance soutenue de l’économie depuis près de dix ans, la pauvreté touche encore près de la moitié de la population tandis que l’extrême pauvreté en touche près de 30%. Elle est présente d’abord dans les milieux ruraux et plus nettement dans les zones arides puis les zones péri-urbaines. Le salaire minimum mensuel est inférieur à 40 euros. Dans les zones urbaines, le chômage touche un quart de la population en âge de travailler. La lutte contre la pauvreté est cependant un des principaux objectifs des autorités qui y consacrent des financements importants.

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